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Découverte du virus Usutu : nouvel arbovirus transmissible à l’Homme

Le Culex, vecteur du virus Usutu:

Jusqu’à très récemment, le moustique commun – Culex Pipiens – ne représentait pas de risque sanitaire connu pour l’Homme : il était une simple nuisance sonore. Aujourd’hui, cette affirmation n’est plus vraie. En effet, l’INSERM a récemment découvert que le moustique commun, Culex Pipiens, – le plus répandu en Europe- pouvait, lui aussi, transmettre un arbovirus : le virus Usutu.

Ce virus tropical est originaire d’Afrique du sud. Détecté pour la 1ère fois en 1959, il a pu se propager en Europe dans les années 2000 grâce à la présence d’oiseaux migrateurs. En effet, un Culex porteur du virus doit d’abord avoir piqué l’oiseau migrateur pour que celui-ci devienne porteur à son tour et qu’il puisse propager le virus via la piqûre d’un second moustique.

26 cas aigus confirmés en Europe, dont un en France

Bien que le virus soit fortement implanté chez les oiseaux et moustiques européens (En Camargue, il est présent chez 7% des moustiques communs capturés), seulement 26 cas humains aigus ont été confirmés, dont un en France. Yannick Simonin, enseignant-chercheur à l’université de Montpellier et spécialiste des infections chroniques souligne la forte probabilité que ce chiffre soit sous-estimé.

Le patient français infecté par le virus Usutu a été traité au CHU de Montpellier : en 2016, un homme présentant une paralysie faciale et des troubles moteurs est admis au service neurologique. En 2018, les chercheurs universitaires de Montpellier et Nîmes démontrent qu’il s’agit du 1er cas Usutu en France dans la revue Emerging Infectious Diseases. Le chercheur et son équipe ont en effet localisé le virus dans le liquide céphalo rachidien (cerveau) du patient.

Aucun traitement connu à ce jour

Il n’y a à ce jour pas de traitement pour prévenir ou combattre le virus Usutu. Les connaissances sur celui-ci sont encore limitées et requièrent des recherches plus approfondies. L’Inserm va étudier plus précisément le mode de transmission afin de mieux comprendre les risques engendrés.

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Eviter les piqûres de Culex

Afin de limiter les risques de transmission du virus Usutu, il est recommandé d’utiliser un répulsif corporel pour éviter les piqûres de moustiques. De plus, pour compléter la protection cutanée, l’utilisation d’un insecticide vêtements est aussi indiquée. En effet, une protection peau + vêtements assure 99,9% de protection contre les piqûres ! *

 

 

 

 

Sources :

Salle de Presse Inserm, Détection du virus Usutu chez un patient à Montpellier en 2016, disponible sur https://presse.inserm.fr/detection-du-virus-usutu-chez-un-patient-a-montpellier/31716 

Coulomb (2018) Un premier cas humain confirmé en France. Le virus Usutu désormais bien implanté en Europe du sud, Le Quotidien du Médecin, n°9675 du 21/06/2018.

*Test réalisé en Floride avec du DEET et de la Perméthrine, matières actives d’Insect Ecran. Extrapolation chez 8 sujets exposés 8 jours à Aedes taeniorhynchus (Am J Trop Med Hyg 1984 ; 33 : 725-730)