Le virus du Nil Occidental (VNO), West Nile virus en anglais (WNV), est un arbovirus transmis à l’homme par des piqûres de moustiques infectés. Il peut provoquer des atteintes neurologiques graves. Symptômes, modes de transmission, traitement, prévention… Voici tout ce qu’il faut savoir sur le virus du Nil Occidental.

Le virus du Nil Occidental est présent en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Asie occidentale3. Il tire son nom de la zone géographique dans laquelle il a été isolé pour la première fois, dans le district du West Nile en Ouganda (1937)1. Il s’agit d’une zoonose (maladie affectant principalement les animaux). L’homme est en réalité un « hôte » accidentel du virus. En France métropolitaine, le virus a été détecté pour la première fois en 1962-1963 en Camargue. Il est réapparu chez des chevaux en 2000. En 2018, 25 cas d’infection humaine autochtone à VNO ont été identifiés en France2.

Quels sont les symptômes du virus du Nil Occidental3 ?

La période d’incubation dure entre 2 et 6 jours mais peut aller jusqu’à 14 jours.

Chez 80% des personnes infectées, le West Nile virus provoque peu de symptômes, voire aucun. Pour les 20% restants, l’infection provoque un syndrome pseudo-grippal qui se traduit par une fièvre d’apparition brutale, des maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires pouvant être associé à une éruption cutanée. L’infection est potentiellement dangereuse car elle peut être à l’origine d’atteintes neurologiques (méningite, méningo-encéphalite, paralysie flasque ou syndrome de Guillain Barré). Cela concerne moins de 1 personne infectée sur 100 et principalement des personnes âgées.

Quels sont les modes de transmission3 ?

Les oiseaux sont le principal réservoir du virus du Nil Occidental. Les humains, les chevaux et d’autres espèces de vertébrés peuvent aussi être infectés via des piqûres de moustiques infectés. On dit que les humains et les chevaux sont des hôtes accidentels car le cycle de transmission se fait le plus souvent entre oiseaux et moustiques ornithophiles (qui piquent les oiseaux). Les moustiques vecteurs du virus sont principalement des moustiques du genre Culex.

Toutefois, un moustique qui pique un humain ou un cheval infecté par le virus ne peut être contaminé à son tour et transmettre le virus à d’autres êtres vivants. Cela s’explique par la faible quantité de virus présente dans le sang chez l’humain et le cheval. On dit qu’ils sont des “cul-de-sac épidémiologiques”.

Dans les zones tempérées, comme en France métropolitaine, la transmission du WNV se fait de juin à novembre, lors de la période d’activité des moustiques.

Plus rarement, le virus peut être transmis par les produits d’origine humaine (transfusion sanguine, transplantation d’organes, de tissus ou de cellules). Quelques cas de transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement ont également été rapportés.

Comment le prévenir3 ?

Un vaccin est commercialisé pour les chevaux. Cependant, il n’existe pas de vaccin pour l’homme, ni de traitement préventif contre le virus du Nil Occidental. Le meilleur moyen de prévenir l’infection est de se protéger contre les piqûres de moustiques :

  • Porter des vêtements longs et couvrants, imprégnés de produits insecticide.
  • Utiliser un répulsif cutané sur les parties découvertes du corps : Insect Ecran Zones Infestées, sauf dans les zones impaludées où Insect Ecran Spécial Tropiques est recommandé (les femmes enceintes devront utiliser Insect Ecran Zones Infestées), pour les enfants entre 12 et 24 mois Insect Ecran Kids.
  • Dormir sous une moustiquaire imprégnée.
  • Utiliser un diffuseur électrique pour la protection de votre intérieur.
  • Limiter les activités en extérieur aux heures où les moustiques sont les plus actifs.

Les mesures de protection collectives reposent sur la lutte contre les gîtes larvaires et des mesures contre les moustiques adultes (dans les zones où circule le virus).

Comment diagnostiquer le virus du Nil Occidental3,4 ?

Le diagnostic du VNO est possible grâce à la détection du virus dans le sang et/ou dans le liquide céphalo-rachidien (par ponction lombaire). Plusieurs méthodes existent :

  • la détection des anticorps (IgG et IgM) dirigés contre le virus. Deux prélèvements sanguins sont réalisés à 2 et à 3 semaines d’intervalle qui permettent d’affirmer une infection récente en cas d’augmentation significative des anticorps. Des réactions sérologiques croisées peuvent être observées avec d’autres flavivirus (ex : virus de la dengue ou de zika). Tout résultat positif doit donc être confirmé par un test de neutralisation.
  • l’isolement du virus en culture, une technique lourde qui doit être réalisée par un laboratoire de biosécurité de niveau 3.
  • la détection du génome viral par RT-PCR.

Comment le traiter ?

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le virus du Nil Occidental. Le traitement consiste à soulager les symptômes. Les patients souffrant de formes graves sont hospitalisés en service de réanimation si besoin3.

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Sources

1. West Nile, Institut Pasteur.

2. Fièvre du Nil occidental ou infection par le virus West Nil, ministère des Solidarités et de la Santé, contenu mis à jour le 28 janvier 2022.

3. West nile virus, Santé Publique France, contenu mis à jour le 15 juin 2021.

4. Virus du Nil occidental, Organisation Mondiale de la Santé, 3 octobre 2017.

auteur: Anabelle Iglesias
Anabelle Iglesias
Journaliste santé